La Guyane ?

Mais où ça se trouve ?

ids« Bon retour sur ton île ! « 

Cette petite envolée, a le don de me faire réagir. Et pourtant, malgré mes explications à chaque séjour en métropole, lorsque je suis sur le point de retourner dans ma forêt, j’y ai droit.

Et non, contrairement à beaucoup d’idée reçue, la Guyane française n’est pas une île. Il s’agit d’un petit bout de forêt amazonienne coincé entre le Brésil et le Surinam (ancienne colonie Hollandaise), sur la côte nord de l’Amérique du Sud. A quelques dizaines de kilomètres au nord de l’équateur (latitude zéro, pas le pays voyons) et non loin de l’embouchure de l’Amazone, ce fameux fleuve qui a donné son nom à une forêt de la taille d’un continent.

RICOH IMAGING

Quel temps sous les tropiques ?

Il règne donc en Guyane un climat non pas tropical, mais équatorial. Douze heures de lumière, douze heures d’obscurité. Un rythme de vie régulé par le soleil qui se lève à 6h30 pour nous quitter à 18h30. Le thermomètre ne monte jamais très haut (25 degrés en moyenne) mais l’atmosphère saturée en humidité (90 à 100%) donne une sensation de chaleur lourde et humide, pas la plus agréable qu’il soit. La Guyane connaît une grande saison sèche de Juillet à Décembre et une saison des pluies de Janvier a Juin, interrompue par le « petit été de Mars ».  Les cyclones et autres tempêtes qui ravagent les Antilles chaque année passent au large nous laissant en paix. Par contre, et cet avantage reste non négligeable sur la côte, les alizés soufflent toutes l’année, nous offrant cette brise salvatrice lorsque la saison sèche bat son plein. L’autre avantage est que ce courant d’air chasse une bonne partie de tous ces moustiques philanthropes.

Géographie pour les nuls :

Guyane en indien Awarak signifie « Terre abondante en eau »

La Guyane est un DOM, mais aussi la plus grande région de France. (Plus de deux fois et demi la taille de la Bretagne) Sa superficie est couverte à 90% de forêt équatoriale amazonienne.

map guyane

La population est répartie autour de trois grands axes.

  1. La côte, doublé de la RN1 (en même temps y’a qu’un véritable axe routier ici et c’est celui là ^^ ) C’est le long de la côte que se concentre les trois plus grandes villes et la majorité de la population guyanaise.
  2. Le Maroni qui fait la frontière avec le Surinam. Ici, point de route. Le Moyen de transport c’est la pirogue. Plusieurs villes et villages se distribuent le long du fleuve. C’est en majorité une population Bushi (Noire Marron CF article à suivre sur le Guyanais)
  3. L’Oyapock qui nous sépare du Brésil. La population à l’est est donc plus brésilienne, mais aussi beaucoup amérindienne dès qu’on dépasse St George (le point de passage frontalier)

Et l’enfer vert ?

Comme indiqué précédemment, la jungle recouvre la plus grande partie du territoire soit près de huit millions d’hectares. Cette petite partie de la forêt amazonienne  constituant l’un des patrimoines biologique les plus riches de la planète (tant animale que végétale) est unique en son genre. Paradoxalement, la forêt humide de Guyane s’est développé sur l’un des sols les plus pauvres du monde. Pour cette raison, la sylve abrite des écosystèmes endémiques et uniques, dont beaucoup reste à découvrir. Cependant, une grande partie de la bande littorale a été modifiée et/ou anthropisée. Cette partie de la Guyane est constituée de savanes, de pripris (1) et des forêt secondaires ainsi que des mangroves.
Bref, pour qui aime la nature l’aventure et les grands espaces La Guyane constitue un immense terrain de jeu  à portée de main. Offrant au détour d’une crique ou d’un layon de superbes paysages à qui veut bien s’y aventurer.

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Mais les anacondas  ? Les pumas ? Les mygales ? Les scorpions ? Les jaguars ? Les caïmans ? La liste des périls issus de l’imaginaire fantasmagorique occidentale face à la menaçante forêt vierge est longue. En réalité le premier véritable danger en forêt c’est l’ignorance. Le deuxième est de s’égarer. C’est seulement en troisième position que viennent les bébêtes qui rampent, sautent, volent ou nagent. Il y a bien plus d’accidents avec uniquement la végétation ou même son propre sabre, que de rencontres périlleuses avec des animaux. Herbes rasoirs, awaras (2) … sont autant de sources de coupures et de blessures qui peuvent conduire aux urgences.

Bien sur il existe des animaux dangereux, mais de toutes les araignées guyanaises une seule est véritablement dangereuse et ce n’est même pas une mygale (Il s’agit de la Phoneutria, plus connue sous le pseudonyme d’araignée banane). Les caïmans, jaguars ou anacondas ainsi qu’aucun autre animal ne prédate l’homme pour se nourrir. Sur la centaine d’espèces de serpent dix pour cent seulement possède un venin dangereux capable d’infliger une morsure potentiellement fatale. Sur cette dizaine de serpents seul le Bothrops atrox est anthrophile avec une grande densité de population. Il se rencontre donc aussi souvent que les vipères en métropole (ils font d’ailleurs partie de cette même famille des Viperidae). Bref, tous ces chiffres pour relativiser le danger, ce n’est pas pour rien que les amérindiens se baladaient pieds nus uniquement vêtus d’un pagne au milieu de ces arbres et de cette faune abondantes…

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Scorpion Tityus (Piqûre potentiellement fatale), Amblipyges (innofensif) Caïman rouge, Pheunotria (Morsure potentiellement fatale) Bothrops Aatrox (Morsure potentiellement fatale) et Terraphosa Leblondii (Morsure venimeuse dangereuse)

Plutôt que de la craindre, apprenons à connaître et à respecter cette forêt et ses habitants. Haut lieu de la création, bastion de la nature. En 2014 est sorti un livre : les Abandonnés de la république (3) faisant état des dangers qui pèsent sur la forêt guyanaise. Le sol de la région est peut être médiocre et acide, mais hélas riche en or et en bois précieux. Si la déforestation reste très limitée et contrôlée dans le département (contrairement au Brésil), l’orpaillage (4) illégal fait quant à lui des ravages. Ils auraient, selon l’ONG WWF, détruit plus de 12 000 hectares de forêt sans parler de la pollution engendrée par le rejet du mercure dans les cours d’eau, polluant les sols, tuant les poissons, empoisonnant la population locale…

Après un peu plus d’un an passé ici, je vous l’assure; La Guyane gagne a être connue et protégée. Vous pouvez aussi y participer en partageant autour de vous ces informations.


(1) : Les pripris sont des savanes inondées en saison des pluies, recouvertes de quelques centimètres à parfois plus d’un mètre d’eau.

(2) : Les awaras (Astrocaryum Vulgare) sont des palmiers équipés d’épines pouvant atteindre qinze centimètres tout le long du tronc. Le fruit de ce palmier sert à réaliser le bouillon d’awara, un plat guyanais typique, une fois dans l’année. vers pâques.

(3) : Les abandonnés de la république (2014) Alexandra MATHIEU et Yves GERY chez Albin Michel

(4) : L’orpaillage désigne l’activité de chercher de l’or. Il peut être à petite ou grande échelle, clandestin ou officiel.


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