L’herpeto faune : Plein les yeux (Chapitre 3)

Nous sommes toujours au dégrad et décidons de boire ensemble une petite mousse histoire de célébrer avec allégresse le faste de toutes ces rencontres nouvelles. Nous enlevons nos bottes désormais remplies d’eau pour les vider. Nous trouvons alors une sangsue accrochée à Marine. C’est parti pour l’inspection générale. Mais la coquine était apparemment seule. Ou alors la plus rapide de son groupe. Les sandwichs et les chips sont sortis des sacs pour remplir nos ventres affamés. Nous commentons, trempés mais heureux, l’abondance des rencontres.

Marine, après s’être éloignée brièvement revient alors à nouveau en nous appelant. Décidément ce dégrad n’en a pas fini avec nous. Nous voyons tous pour la première fois une Scinax de Boesemann (Scinax boesemanni) et ses muqueuses étoilées.

scinax boesmanni

Le furetage continue avec à la clé une Matutu (Avicularia sp), plusieurs imposants geckos pattes de canard (Thecadactylus rapicauda), un nid de sucrier occupé dont nous n’avons pas voulu déranger l’occupant, une belle Phoneutria fera avec sa hotte remplie d’oeufs, ainsi que plusieurs autres petites bestioles. Les gardes de la réserve, en mission « comptage de caïmans » sur le marais nous abordent pour en savoir un peu plus sur notre activités.Au début très froid, le ton s’adoucit lorsqu’ils se rendent compte qu’ils ont affaires à des gentils passionnés. En effet, le statut de « réserve naturelle » ne suffit pas pour arrêter certaines personnes peu scrupuleuses et guidées par le profit (contrebande d’espèces rares, trafic de viande et de peau de caïmans … ) Je prépare un article sur la chasse en Guyane posera la problématique de cette activité.

bestioles degrad kaw

Nous décidons d’entamer le chemin du retour. Quelques heures de route nous attendent encore. Assez rapidement, je donne un léger coup de volant accompagné d’un freinage d’urgence. Celui là, je ne l’ai vu qu’au dernier moment et j’ai failli lui rouler dessus ! Il est grand, enfin long dis-je à mes collègues tout en m’extirpant de la voiture sans oublier frontale et appareil photo. Marine est la plus rapide et capture ce qui se révelera un Imantode à nuque tatouée (Imantodes cenchoa), le même que la dernière fois. Nous sommes heureux de pouvoir faire découvrir le serpent spaghetti à Hervé.

Puis un autre Pseudoboa coronata. Décidément, ils pullulent par ici. Nous avons l’impression d’en avoir tellement vu que nous prenons à peine quelques photos de ce serpent pourtant magnifique, paré de ses écailles écarlates.

pseudo boa e grage

Un grage arrêtera la voiture après quelques kilomètres, puis une toute mignonne souris arboricole roussatre (Oecomis rutilus) qui au départ stressée par notre présence aura fait presqu’une dizaine d’aller-retours à toute vitesse sur sa branche pour finalement se fixer à son sommet et ne plus bouger d’un poil, ce qui nous aura permis de la prendre en photo.

souris roussatre

Comme la dernière fois, nous décidons de faire une partie du layon de la montagne trésor où nous avions vu serpents, scorpions, araignées et autres lézards, mais cette fois ci, à part une arachnide festoyant un cafard, rien de notable n’émergera de la forêt pour se laisser photographier. Parce qu’un joli et dodu tatou fera tout de même un joli boucan dans la litière avant de traverser le layon devant Marine qui ouvrait la marche. Mais l’apparition fut trop furtive pour qu’aucune photo ne soit prise. Revenu à la voiture nous avons alors tranquillement roulé jusqu’à la maison, surs de rêver de ces rencontres, des étoiles pleins les yeux et un tableau de chasse bien rempli.

Liste des espèces croisées pendant la totalité de la sortie :

Amphibiens :

Adenomera hylaedactyla
Dendropsophus leucophyllatus
Pristimantis chiastonotus
Rhinella Martiy
Scinax boesemanni
Typhlonectes compressicaudus

Sauriens :

Thecadactylus rapicauda

Ophidiens :

Anilius scytale
Atractus flammigerus
Bothrops atrox
Chironius fuscus
Imantodes cenchoa
Pseudoboa coronata
Thamnodynastes pallidus

Arachnides :

Avicularia sp
Eriophora sp
Leucoges sp
Phoneutria fera

P1080458
En bonus, une petit photo in situ prise par Hervé.

10 réflexions sur “L’herpeto faune : Plein les yeux (Chapitre 3)

    1. Merci ! pour les rapaces nocturnes, oui, mais pas sur ce type de sortie du coup. Plutôt sur des layons en prenant le temps à pied ou alors aussi en canoë. Après ils sont souvent hauts et difficiles à photographier, le seul que j’ai réussi à avoir correctement est un petit duc de watson.
      Quand je rentre de Barcelone, j’essaie de mettre à jours mes fiches espèces =)

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      1. J’ai vu sur faune-guyane il y a quelques jours, des photos très sympas de Chevêche des terriers aussi ! Bon, rien à voir avec les sorties en forêt pour le coup ! 🙂

        T’es sur Barcelone ? Il doit bien y avoir du Lézard ocellé par là-bas, non ?

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      2. Pas encore mais je pars après week end, j’y emmène mes élèves =) là je prépare tranquillement le voyage.
        Oui la chevêche des terriers, j’ai quelques images très sympas, mais le nid que je connaissais viens de déménager. ils doivent pas être très loin mais va falloir aller faire quelques reconnaissances !

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      3. Ouai, assez difficile à observer, les harpies ont des territoires de 5 000 hectares par couple. Après en ce moment y’a un nid connu pas trop loin de la ville, est ce que l’ils seront toujours là quand tu viendras ?

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  1. Allez, encore 20 sorties de cet acabit et on se refait le Starace ! 😉
    Rien de très sportif dans ce genre de balade, n’empêche, c’est reposant (- pour ceux qui ne pilotent pas -) et ça change. Je pourrais y passer mes w.e. sans me lasser je crois : toujours ce plaisir incomparable de trouver du nouveau.
    7 espèces de serpents et 10 individus au total, c’est une très belle moisson qu’on n’est pas sûrs d’égaler sur un layon.
    Excellentes photos de la grenouille !
    Pour l’Avicularia, aucun doute c’est la metallica : on ne peut pas plus bleu.
    Et je sais bien que si j’étais la première sur les serpents c’est que vous avez eu la délicatesse de me les « laisser », sinon j’aurais peut-être bien râlé en prime !
    Bon, une sortie comme ça n’égalera jamais la rencontre avec un C. caninus juv. flamboyant, mais ça reste « fun ». Merci pour ce carnet de bord super sympa 🙂

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    1. Surement la metallica en effet, par ailleurs faut que je corrige sur le chapitre 1 pour rhinella martyi !
      Et puis, tant qu’ils libèrent la plus grande partie du contenu de leurs glandes cloacales, moi ça me va de te laisser la capture puisque je sais que je pourrais les tenir en main après 😉
      Au niveau du layon, c’est sur qu’on ne pourra jamais couvrir un si grand périmètre à pied, je pense que ça joue aussi pas mal. mais tu verras, quand je t’emmènerai sur la malmanoury en saison sèche, y’a quand même pas mal de bestioles au mètre linéaire même si c’est pas du tout les mêmes que sur kaw !!! (si on veut ramener du C hortulanus, ça sera là bas ou sur la passoura, et avec un peu de chance un E maurinus =)

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      1. Oui, à chaque biotope ses espèces, et un petit goût d’aventure en prime sur les criques ou les fleuves j’imagine, surtout de nuit !
        (« murinus » (pas « mau-« ) épithète qui désigne la couleur du pelage d’une souris ! gris/brun indéfinissable). On ne se penche jamais assez sur l’étymo. scientifique qui pourtant réserve des surprises et éclaire parfois sur l’écologie de la bestiole 😉

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